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Championnat du monde de fléchettes 2026 : retour sur les personnages qui ont marqué cette édition

  • 5 janv.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 9 janv.

Ce samedi 3 janvier, le prodige britannique de 18 ans Luke Littler est devenu double champion du monde de fléchettes, conservant son titre acquis l’année passée à l’Alexandra Palace de Londres. Surnommé The Nuke, il empoche un million de livres, un montant record pour le vainqueur, et s’affirme comme celui qui a révélé la discipline aux yeux du grand public. Mais la beauté de ce championnat du monde réside surtout dans la participation de joueurs plus anonymes, dont certains peinent encore à vivre de leur sport et s’offrent, durant les fêtes de fin d’année, des moments de rêve sur la plus belle scène de ce sport. Retour sur ces parcours atypiques qui ont fait de cette édition un événement qui gagne en popularité.


L'Alexandra Palace, le temple des fléchettes © PDC
L'Alexandra Palace, le temple des fléchettes © PDC

Le nouveau tableau, élargi à 128 participants contre 96 auparavant, permet à la PDC (Professional Darts Corporation) d’accueillir des profils venus de destinations plus exotiques qui se sont révélés au cours de la première semaine. C’est le cas de l’Indien Nitin Kumar, qui pratique les fléchettes depuis l’âge de 10 ans, devenu le premier représentant de son pays à remporter un match. Même scénario pour le Kényan David Munyua, un amateur, vétérinaire de profession, qui n’avait jusque-là jamais quitté l’Afrique. Mené de deux sets, il a renversé la situation pour éliminer Mike De Decker 18e mondial. Les Océaniens se sont également invités à la fête à l’image du Néo-Zélandais Jonny Tata qui s’est offert une victoire nette 3-0 face au Britannique Edhouse, membre du top 30. Au-delà de leurs résultats, chacun d’eux joue un rôle d’ambassadeur à l'international et contribuent à l’essor de la discipline.


Les joueurs non-européens cherchent à se faire une place dans la hiérarchie mondiale avec de gauche à droite, Jonny Tata, David Munyua et Nitin Kumar © PDC
Les joueurs non-européens cherchent à se faire une place dans la hiérarchie mondiale avec de gauche à droite, Jonny Tata, David Munyua et Nitin Kumar © PDC

Papy fait de la résistance


Si l’Écossais Gary Anderson, 55 ans, a atteint les demi-finales en retrouvant le niveau qui lui avait permis d’être sacré en 2015 et 2016, un autre vétéran a particulièrement enthousiasmé le public. Paul Lim, né à Singapour et qui fêtera ses 72 ans à la fin du mois, est devenu le plus vieux vainqueur d’un match dans l’histoire du championnat du monde, porté par une salle entièrement acquise à sa cause. Présent pour la première fois en 1982, il avait déjà marqué l’histoire en 1990 en réalisant le tout premier nine-darter du tournoi (le plus gros score possible pour remporter une manche). En plus de 40 ans de carrière, il a représenté quatre nations différentes (Papouasie-Nouvelle-Guinée, États-Unis, Hong Kong et Singapour). Sa longévité et sa personnalité ont fait de lui une véritable icône des fléchettes. Son parcours lors de cette édition 2026 s’est arrêté au deuxième tour face à Luke Humphries, numéro 2 mondial et champion du monde 2024, qui lui a rendu hommage après la rencontre.


Né en 1952, la carrière de Paul Lim s'étend sur quatre décennies © PDC
Né en 1952, la carrière de Paul Lim s'étend sur quatre décennies © PDC

 

Des champions résilients


Malgré son problème de vue, Ryan Searle intègre le Top 10 mondial à l'issue de la saison 2025 © Chris Sargeant
Malgré son problème de vue, Ryan Searle intègre le Top 10 mondial à l'issue de la saison 2025 © Chris Sargeant

L’Anglais Ryan Searle a été l’une des grandes sensations du tournoi, affichant des moyennes impressionnantes. Sa présence en demi-finale lui permet d’atteindre la 8e place mondiale, le meilleur classement de sa carrière au terme d’une saison exceptionnelle. Son parcours est d’autant plus remarquable qu’il souffre d’atrophie optique autosomique dominante, une maladie dégénérative du nerf optique réduisant fortement les capacités visuelles. Impossible à déceler en le regardant jouer, ce handicap rend ses performances encore plus marquantes dans un sport où la précision est essentielle. « J'ai un message pour tous ceux qui me regardent. De toute évidence, ma vue n'est pas excellente : ne laissez rien vous arrêter.», a-t-il déclaré après sa victoire en quart de finale face à Jonny Clayton (5e mondial), souhaitant incarner l’image d’une discipline inclusive.

Autre parcours inspirant, celui du Polonais Krzysztof Ratajski. Victime d’un anévrisme, il a subi deux opérations du cerveau l’an passé. Le revoir à ce niveau en si peu de temps est remarquable même si son aventure s’est terminée en quart de finale face à Luke Littler.

 

Les joueurs de fléchettes électroniques font le show

Chaque année, la grande famille des fléchettes se réunit à l’Alexandra Palace. C’est l’occasion de découvrir des profils spectaculaires issus du circuit Dartslive, une ligue de fléchettes électroniques. Les Japonais Motomu Sakai, tombeur du Français Thibaut Tricole et Mitsuhiko Tatsunami ont fait sensation, tout comme l’Américain Leonard Gates, surnommé Soulger qui a enflammé la salle pour sa troisième participation à la compétition. Très relayés sur les réseaux sociaux, ces moments contribuent largement à la popularisation de la discipline à l’échelle mondiale avec des entrées dignent de show américain qui enflamment le public.

 

Justin Hood, héros du peuple


Hood est devenu la coqueluche du public de l'Alexandra Palace lors de cette édition © Taylor Lanning / PDC
Hood est devenu la coqueluche du public de l'Alexandra Palace lors de cette édition © Taylor Lanning / PDC

S’il ne fallait retenir qu’un chouchou du public, ce serait Justin Hood. L’Anglais de 32 ans a bénéficié d’un soutien sans faille à chacun de ses matchs. Surnommé Happy Feet en raison de sa taille (1,63 m), il porte un bonnet à l’effigie du film d’animation qui lui a valu ce sobriquet. Sourire aux lèvres, il rejoint la scène sur All the Small Things de Blink-182. Pour sa première participation, il a livré l’un des matchs mémorables du tournoi face à la tête de série numéro 6, le Néerlandais Danny Noppert. Les 100 000 livres remportées à la suite de son quart de finale lui permettront de concrétiser un projet qui lui tient à cœur : l’ouverture d’un restaurant chinois. Ce résultat lui fait également gagner 36 places au classement et intégrer le top 50 mondial : « L’argent, c’est un plus. Maintenant, j’ai vraiment envie de gagner ce trophée », a-t-il confié, lui qui a obtenu sa carte PDC début 2025. Par son enthousiasme et sa bonne humeur même dans la défaite, Justin Hood a conquis le public et semble promis à un avenir au plus haut niveau.

 

Au-delà des primes records et de l’ambiance survoltée de la salle londonienne, ce championnat du monde a surtout rappelé que les fléchettes sont accessibles à tous et qu’elles procurent des émotions intenses, portées par des histoires humaines qui dépassent largement le cadre du jeu. Dans cette dynamique, un nombre record de 13 Français se rend cette semaine en Allemagne à l'occasion de la Q-School. L'objectif étant de décrocher des tickets pour la saison 2026 sur le circuit PDC.

 

 
 
 

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